Gillou-hibou-soner-quest

Gillou

« Evidemment que je vais lui raconter, crois-tu que j’ai le choix?
Je ne vais pas me mettre à faire des crêpes pour un régiment à chaque fois qu’elle me pose la question! J’étais cuite ce soir-là avec cette histoire!
« Il n’y a pas d’heure pour faire des crêpes » – soupir – Si Tipiak vendait des crêpes, la pub aurait ressemblé à ça.
Oh inutile de te moquer de moi, j’ai bien conscience que je suis une piètre comédienne…

Je n’ai jamais compris pourquoi elle en avait fait un secret, pourquoi il ne fallait rien en dire. C’est tellement fréquent, quand on y pense.
Quoi, moi? Moi j’ai eu de la chance, et puis c’est tout! Je suis un cas à part, ne va pas chercher plus loin!
Je croyais qu’on l’avait élevée en confiance, et lui avoir expliqué qu’on pouvait parler de tout. J’ai le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur, je n’ai peut-être pas été une mère suffisamment présente ou attentive.
Oui, je sais que ça ne change rien de ressasser tout ça, mais j’aurais tellement voulu faire plus pour elle, j’aurais aimé qu’elle accepte notre aide autrement qu’en nous occupant de Léna, même si c’était ce dont elle avait le plus besoin à l’époque.
Elle était encore tellement faible quand ils sont venus la rechercher après ses 2 mois de séjour ici.
Tu te souviens? elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, la vieille Le Boulc’h avait dit qu’elle était un mort-vivant d’avoir trop porté la mort… quelle vieille bique celle-là. Gueule de travers et parole de travers.
Et Vincent qui nous certifiait qu’elle allait vraiment mieux, j’avais peine à le croire.

Quand on est allées se promener en forêt ce soir-là, j’ai cru qu’elle n’arriverait pas au bout de la balade. Heureusement que Marjorie était venue avec nous et que nos bavardages la distrayaient.
Son cri quand à la nuit tombée on est tombées face à face toutes les trois avec ce grand hibou. Je crois que je n’en avais jamais vu de si grand!
Elle était complètement effrayée et a balbutié que le hibou portait malheur, que c’était un symbole de mort. J’ai cru qu’elle allait s’effondrer à nouveau.
C’est Marjo qui l’a raisonnée. Moi je crois qu’elle ne m’aurait pas cru; mais Marjo, elle ne pouvait pas la contredire.
Le hibou est signe de mort, mais au sens de fin de cycle, de passage d’un monde à l’autre, de transition et de renouveau. C’était le signe que la page était tournée et qu’elle allait pouvoir avancer.
Résultat, 10 mois plus tard: Samuel et Marion!
Plus efficace que de frotter son ventre sur un menhir: rencontrer un hibou!

[soupir]
Raconter le hibou à Lénaïg, ce sera facile. C’est lui raconter les mois qui ont précédé qui va être compliqué… ces bébés perdus
[soupir]

Evidemment que je vais lui dire que c’est encore toi qui a baptisé ce hibou que je leur avais fabriqué! Pas de raison que je prenne ça à ma charge!
Je trouvais ça un peu bizarre, mais ça les faisait tellement rire d’appeler Gillou un animal à la fois majestueux et austère! Et puis, après Bertrand, on n’était plus à ça près!

Voilà la mère Troadeg, je vais filer sinon j’en ai pour la journée.
Je reviendrai vendredi arroser les fleurs, avec cette stèle anthracite que les enfants ont choisie, la composition de chrysanthèmes de ton club de jeu a chaud. Faudrait pas qu’ils crèvent, on dirait que je ne prends pas plus soin de toi dans la mort que dans la vie.
En même temps, les chrysanthèmes sont remplaçables, eux…
A vendredi, mon Louis. »


*Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait, bien évidemment, purement fortuite.
(mais si vous vous reconnaissez un peu, faites moi signe
…)


Si vous voulez en savoir plus sur Lénaïg, vous pouvez aller lire l’histoire de Bertrand.
Si vous voulez en savoir un peu plus sur Samuel et Marion, vous pouvez aller lire l’histoire de Marion.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *